Les avocats de Microsoft ont engagé la bataille face à la Commission européenne.
Auteur
Christophe Balansard
Date de publication
25/04/2006 à 08:53
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Lors de ce procès, le groupe américain espère annuler une condamnation pour abus de position dominante qui lui a coûté 500 millions d'euros.
Alternant plaidoiries et exposés techniques savants devant le Tribunal de première instance de la Cour européenne de justice de Luxembourg, le géant des logiciels a tenté lundi de montrer que la condamnation qui lui a été infligée en mars 2004 par la Commission traduisait une mauvaise appréciation du marché.
La Commission lui avait alors imposé, outre d'acquitter cette amende record, de commercialiser son système d'exploitation vedette Windows sans le logiciel audio-vidéo Media Player et de partager davantage d'informations techniques avec ses concurrents afin qu'ils puissent élaborer aisément des logiciels compatibles avec Windows.
C'est sur ce premier thème que Microsoft a ouvert le feu lundi devant une audience fournie. Microsoft comptait à lui seul une soixantaine de représentants, contre une trentaine seulement pour la Commission.
L'un de ses avocats, le Belge Jean-François Bellis, a affirmé que Windows XPN, la version de Windows sans lecteur audio-vidéo mise sur le marché à la demande de la Commission, avait été un échec total.
'Le résultat est clair' pour Me Bellis: 'il n'y a pas de demande pour une version de Windows sans la fonctionnalité multimédia. La décision (de la Commission) doit par conséquent être annulée'.
Alors que la Commission affirme que les fournisseurs de contenu pourraient choisir le format dominant de Media Player pour éviter le surcoût d'un encodage dans plusieurs formats, un universitaire londonien cité à la barre par Mircosoft, a affirmé que 'quasiment tous les fournisseurs de contenu proposent plusieurs formats car ils estiment que les coûts additionnels sont compensés par les revenus supplémentaires induits'.
Les avocats de la Commission devaient quant à eux présenter leurs arguments plus tard dans la journée. Le procès doit durer cinq jours. Jamais une entreprise n'a bénéficié d'autant de temps pour se défendre face à la Commission.
Aucune décision n'est attendue vendredi à l'issue des plaidoiries. Il faudra attendre la fin 2006, voire même le 1er semestre 2007, avant de connaître l'arrêt du Tribunal.